vendredi 15 mars 2013

LAKE MANATEE, FLORIDE, JEUDI 7 AU DIMANCHE 10 MARS 2013. (BLOGUE DE LUC ET THÉRÈSE)



Après 220 km de route, nous voici revenus près de la côte du Golfe du Mexique, à la hauteur de Bradenton et de Sarasota. Tout au long du parcours, nous avons continué de rouler dans de vastes plaines, mais les vergers d’orangers ont pris la place des champs de canne à sucre. Nous y retrouvons avec joie les grands chênes poilus et les forêts de pins élancés que nous avions tant appréciés en décembre dernier dans les environs de Bonita Springs et de Naples.  

Bradenton est une belle ville, toute propre, paisible, avec  de l’eau sur trois de ses faces. Deux de ses ponts mènent sur l’île Santa Maria. Cette dernière est à la tête d’un archipel côtier longiligne, qui descend au sud jusqu’à Sanibel, au large de Fort Myers. Ce scénario de longues bandes de terre étroites et parallèles à la côte n’est pas nouveau, puisqu’il se retrouve sur tout le long littoral des deux mers bordant la Floride. Ce qui caractérise Anna Maria, c’est que ses habitants ne sont pas des millionnaires. En effet, la plupart des résidences de l’île sont des bungalows, semblables à ceux construits dans les années soixante dans des banlieues comme Sainte-Foy ou Villeneuve près de Québec. À la différence bien sûr des longues plages de sable blond.

Bien que le AAA  identifie  Bradenton et Sarasota comme ayant chacune 50 000 habitants, il saute aux yeux que celle ci est plus grande que celle là. En tout cas, Sarasota semble définitivement être plus une ville d’affaires que la première. Ce qui ne l’empêche pas  d’être elle aussi très jolie, moderne, facile d’accès et agréable à vivre. On y offre même des stationnements nombreux et gratuits en plein centre ville.

Elle aussi au bord  de l’eau, la ville de Sarasota inclut les îles de Long Boat Key, de Lido Key et de Siesta Key. Celles-ci sont tout juste en face, de l’autre côté de la Sarasota Bay. Il s’agit là d’un atout maritime non négligeable, qui ajoute à l’éminente joie de vivre qui émane de cette région favorisée par la nature.

La "Main Street" de Sarasota est colorée, animée, bien décorée, avec beaucoup de restaurants terrasses, qui offrent des choix assez variés de menus, quoique jamais de haute gastronomie. Nul doute, le milieu est et se veut favorable à l’épanouissement des arts. On y trouve un opéra, plusieurs troupes de théâtre, une multitude de galeries d’art, un orchestre symphonique, un centre des arts de performance, un musée d’histoire, etc.

Les architectes semblent rivaliser de talent à Sarasota. On prend notamment plaisir à apprécier les lignes de l’imposante Public Library. L’intérieur y est vaste, éclairé, invitant. Tout au long  de mars 2013, la librairie a organisé des causeries, des séances de films, des lectures, des discussions plus ou moins formelles sur Marcel Proust, sur son œuvre, sur son opinion sur les arts, sur sa pensée et sur sa vie. L’Alliance Française de Sarasota  est très active dans l’organisation de ces évènements, dont plusieurs se tiendront en français.

Chaque samedi on ferme la Lemon Avenue, entre la First Street et la State Street.   On installe alors sur les rues  un marché  de fruits et de légumes, autour duquel gravitent plusieurs dizaines de kiosques montés à la hâte et où on vend de l’artisanat, beaucoup de bouffe et des babioles pour tous les goûts. Il y a foule, on se pile sur les pieds à largeur d’avenues. C’est la fête au village. Ici et là  sont montées des scènes improvisées où musiciens, chanteurs et interprètes amateurs font les frais de la musique et de la mise en humeur. Sans doute, tout ici amène à penser qu’il fait bon vivre à Sarasota, même pour les quelques itinérants rencontrés  qui avaient plutôt bonne mine, tout étant relatif bien sûr.


Des vergers d'orangers

Sarosota

 Anna Maria

 
Thérèse près de l'ile Anna Maria

 Vue de l'Ile Anna Maria


lundi 11 mars 2013

SOUTH BAY RV CAMPGROUND, FLORIDE (le 9 mars 2013)


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Vue du lac au South Bay RV Campground

Vue panoramique du lac

Notre véhicule installé à côté du lac

Visite d'une loutre

L'eau semble tellement rafraichissante, pourquoi ne pas en profiter?

Fini la baignade maintenant par où vais-je retourner ???

Je ne me sens pas en sécurité avec ces photographes tout près....

Je dois les sentir pour les identifier......

Pouffff au diable, je m'en vais......


dimanche 10 mars 2013

SOUTH BAY, FLORIDE, MARDI ET MERCREDI 5 ET 6 MARS 2013.



Nous voilà  installés dans le Palm Beach County de Floride. Lui-même campé entre le grand lac Okeechobee et l’Atlantique, ce comté a  deux vocations majeures: l’une agricole et l’autre récré maritime.  

Le South Bay Rv Campground est adjacent à la digue Herbert Hoover  qui entoure le lac Okeechobee. Cette ceinture de protection a 35 pieds de haut et  110 milles de long. Debout sur le remblai, il nous est impossible de voir la nappe d’eau, même avec des jumelles. En effet, avant d’atteindre la masse aqueuse claire et libre  au centre de cet immense cercle, il faut traverser un marais strié de canaux. Au faîte du mur de retenue des eaux, un sentier de marche cyclable a été aménagé. Selon son imagination et ses goûts, on peut y circuler, y camper, admirer les oiseaux, pêcher à la ligne, y mettre à l’eau un bateau sur le canal de ceinture intérieur, etc.  

À perte de vue en aval du  promontoire, nous avons un coup d’œil  imprenable sur d’immenses plaines. On se croirait en Saskatchewan. Des dizaines de kilomètres de champs cultivés, en canne à sucre surtout, sans habitation ni relief. Pendant qu’on passe la herse sur certains lots, on ramasse la canne sur d’autres, tout près.Tout semble planifié pour qu’à l’année longue fument les cheminées de la raffinerie qui se profilent au loin. Ainsi, pas de chômage saisonnier. L’équipement est très moderne. Entre le champ et l’usine, personne ne touche à la canne de ses mains. Seuls forcent et ont chaud des tracteurs, des récolteuses déchiqueteuses, des tapis roulants, des camions semi remorque, et d’autres machineries de manutention.  

Entre Tequesta et Boca Raton, le littoral atlantique du comté est une continuité d’îles et  de presqu’îles longilignes, séparées du continent par un mince détroit. Les multiples berges que cela amène sont en mangroves ou en beau sable fin. L’eau est  turquoise et invitante pour tous les sports nautiques et pour toute la faune marine prolifique, du lamantin jusqu’à cinq variétés de tortues de mer. On ne s’étonnera donc pas d’apprendre que des milliers de multimillionnaires y ont érigé des domaines dignes des vedettes du sport ou du cinéma. Les résidences cossues de Sillery y feraient figure d’enfant pauvre.  

À travers tout ce luxe, qui tente de se faire discret sous la végétation et derrière les clôtures, on a eu l’intelligence d’aménager de multiples parcs urbains qui donnent un accès publique à la plage. Dans la plupart des cas, ces espaces privilégiés ont aussi une vocation de protection des espèces indigènes, de contrôle de l’érosion de même que de parasol pour les nombreux marcheurs et cyclistes. Au milieu de  tous ces condominiums étagés et de ces manoirs somptueux, le vieux West Palm Beach détonne un peu. Ne serait ce que pour cette raison, il mérite un arrêt pour y profiter de ses cafés terrasses sympathiques. 

Demain jeudi, Thérèse et Luc reprendront le lent retour vers le nord amorcé récemment à partir de Miami. Ils camperont quelques jours au centre ouest de la Floride, puis dans sa région nord ouest.   De là, ils iront passer une semaine à la Nouvelle-Orléans. Puis, ils remonteront vers Québec, après  avoir traversé  le Mississipi, le Missouri, l’Indiana, le Michigan et l’Ontario. De leur côté, Suzanne et Jacques  resteront à South Bay pour le reste du mois, avant de passer quelques temps, fin mars,  avec certains membres de leur famille en vacances dans le centre de la  Floride. Le départ  vers le  Québec de nos deux romanichelles n’est prévu que pour mai  prochain.


La récolte de la canne à sucre

Industrie de transformation de la canne à sucre

Palm Beach

La pêche près de Palm Beach

La récolte de la canne à sucre


La maison d'Hemmingway à Palm Beach
Une maison coloniale à galeries étagées

QUI PEUT NOUS AIDER À IDENTIFIER CES OISEAUX ????





photos prises au Castellow Hammock Preserve (près de Miami)
le 3 mars 2013


samedi 9 mars 2013

DEUX TOURTEREAUX DES EVERGLADES



Voici une petite vidéo prise en janvier 2013 dans le parc National des Everglades au Flamingo
(Un couple de balbuzards pêheurs)

jeudi 7 mars 2013

MIAMI, FLORIDE, DU MERCREDI 27 FÉVRIER AU LUNDI, 4 MARS 2013



Depuis mercredi le 27 février dernier, nous voilà revenus à Miami. L’occasion est rêvée pour aller visiter les "keys". Ceux-ci sont des dizaines de villes et d’îles qui portent des noms comme  Key Largo, Tavernier, Long Key, Marathon, Pirates Cove, Sugarloaf Key et, au bout du chapelet, la célèbre Key West. Au sud du littoral du Parc des Everglades, cette filée de "keys" forme un long corridor routier qui avance profondément dans le Golfe du Mexique.

Le parcours d’environ 190 kilomètres s’effectue en voiture sur des "causeways", des ponts et des îles souvent étroites. On s’y paie donc sans arrêt des coups d’œil  imprenables sur la mer houleuse, sur les îles de tous gabarits, sur les voiliers élégants, sur les "skite boards" acrobatiques, sur  les oiseaux marins gracieux, sur les plages invitantes, sur les patients pêcheurs à la ligne, sur les mangroves verdoyants, sur le paradis terrestre quoi. Tout cela dans une contrée où il ne fait jamais vraiment froid et où l’eau turquoise de la mer des Caraïbes offre un fond de scène dont on ne se lasse pas. À tout moment, lorsque la passerelle routière est plus élevée, nous pouvons admirer tout près, à la hauteur des glaces de notre véhicule, des pélicans qui nous invitent à faire un bout de chemin avec eux. Il y a des pistes cyclables partout. Des kilomètres abandonnés de l’ancienne route suspendue au dessus de l’eau sont aménagés à l’intention des marcheurs  et des pêcheurs.

La ville de Key West remplit toute l’île éponyme. À y circuler, on devine un niveau de vie élevé. Le coût des denrées et des services y est  à l’avenant, tout comme dans le reste de l’archipel. La rue Duval est l’artère fréquentée par les touristes, les vacanciers et les badauds. Pour l’illustrer, imaginons nous les belles maisons coloniales en bois du siècle dernier du quartier Everell de Beauport. Déménageons les maintenant en rangées  sur la Grande-Allée de la haute ville de Québec.   Apprécions les avec leurs grandes galeries, parfois sur deux étages, et leur revêtement en déclin de bois à l’horizontale. Pour leur donner une seconde vie, toutes ont été sobrement aménagées en restaurants terrasses ou en boutiques d’objets hétéroclites.  

Des portraits de scènes originales sont monnaie courante à Key West. Par exemple, de nombreux coqs et poules flamboyants courent et picorent sans arrêt dans les rues achalandées de la ville. Ou encore, il est courant de voir  en laisse un chien affublé de verres fumés d’un ton volontairement de mauvais goût.  

Comme autre particularité des "keys", citons le nombre impressionnant de galeries qu’on peut y visiter.   À lui seul, le ‘’Gallery Guide’’ en dénombre quarante huit. Ceci sans compter les vingt sept musées d’histoire et de culture, dont celui notamment logé dans la maison qu’occupait à Key West le célèbre romancier Ernest Hemingway. Quant au nombre de vendeurs de "yachts", de voiliers et d’équipements de navigation de plaisance, il y en a partout. Souvent, leurs bateaux luxueux sont empilés, sur trois étages, dans des salles de montre à ciel ouvert.  

Qui donc dit "keys" de la Floride, dit aussi opulence. Ces derniers sont vraiment le microcosme d’un monde de loisir, de culture et de confort. Non pas à la façon sophistiquée de la Riviera méditerranéenne, mais à celle plus populiste des étatsuniens. Souhaitons-leur d’être épargnés à  jamais des ouragans, des cyclones et des épanchements pétroliers.

Après une longue journée en voiture, rien ne vaut une courte marche dans un petit parc local. La veille de notre départ de Miami, cette opportunité nous fut offerte par le Castellow Hammock Nature Center. C’est là que nous avons appris que le mot "hammock" vient de "hamac" ou "place pour dormir"en langage Taino.

Les arbres de ce coin de verdure sont tous jeunes, car leurs aînés furent couchés au sol lors de l’ouragan de catégorie 5 qui sévit en 1992. On y enregistra alors des vents qui atteignirent 322km à l’heure. Cette forêt toute neuve attire une grande variété d’oiseaux.   Jacques a eu la chance et l’habileté d’y photographier  le coloré "painted bunting" ou passerin non pareil.

Demain, nous partirons pour South Bay, au sud du grand lac Okeechobee.

vendredi 1 mars 2013

AGUA DULCE, VERAGUAS, VENDREDI ET SAMEDI 22 ET 23 FÉVRIER 2013.



La route est courte entre Las Lajas et Aguadulce.   Nous arrivons donc tôt à l’Hotel Carisabel.   Une ballade au centre ville nous mène au Parque Central.   Une affiche gouvernementale y indique que cet espace publique profite à plus de 43 000 personnes.   Voilà un indice de l’ordre de grandeur de la population  de la région.   Trois beaux édifices d’inspiration coloniale espagnole : soit le Museo  Regional Sierra Stella, le Palacio Municipal et l’église construite en 1912.   Celle-ci, toute blanche, est très simple.   Elle répond au canon architectural propre aux temples catholiques d’Amérique Latine.  

Le lendemain, samedi, nous prenons la route vers les marais salants d’Aguadulce.   Leur nom l’indique, il s’agit de marres peu profondes  d’eau salée, exposées au vent et au soleil pour stimuler leur évaporation.   Occasionnellement, on les fait se vider par gravité dans d’autres étangs de plus en plus petits.   Si bien qu’à la fin du processus, de plus étroites piscines de la grandeur  d’un "spa" sont pleines de saumure.    Après une dernière séance sous la chaleur, il ne reste que des cristaux blancs, qu’on extirpe avec une spatule en bois accrochée au bout d’une branche écorcée.   Le sel ainsi amassé est accumulé en petits monticules enlignés en longues rangées parfaitement rectilignes.

Au bout des salines, nous arrivons à la plage puis au village des pêcheurs.   Sauf pour deux ou trois bateaux semblables et de taille comparable à ceux de la Gaspésie, la très grande majorité des embarcations de pêche sont de simples chaloupes d’une vingtaine de pieds.   On parle donc ici de récolte artisanale à l’aide de filets.   Les résultats sont là, puisque les restaurants de la région offrent du bon poisson et des fruits de mer frais sur leur menu.   Toutefois, l’allure "pauvrette" des maisons des pêcheurs en dit long sur leurs maigres revenus.

À Aguadulce, les gens nous reconnaissent bien comme étant la minorité visible.   En effet, nous sommes les seuls touristes dans cette ville non touristique.   Sauf exception, les gens nous saluent sans arrêt et nous font voir que nous sommes bienvenus.  

Au souper, nous garons la voiture face au restaurant  choisi, mais de l’autre côté de la rue, soit sur le stationnement du casino de l’endroit.   Thérèse s’écrie : "ne fais pas cela".   Luc réplique stoïquement : "il n’y a pas de gardien, pas de problème".   À la sortie de la salle à manger, deux gardes armés se tiennent debout à côté de notre automobile.   Ils sont équipés de vestes anti balles et de détecteurs de métal.   Imperturbable, Thérèse se dirige vers l’entrée de l’établissement.   Une vraie "Bond girl".   Au même moment,  Luc  s’approche  et débarre la porte de l’Elantra.   Il dépose à l’intérieur sa canette de ginger ale, son couteau et sa lampe de poche métallique.   Il se dirige ensuite le plus naturellement du monde vers sa compagne.   Tous deux font mine de vouloir entrer dans la maison de jeu.  On les fouille, les ausculte, puis on leur ouvre la porte.   

L’intérieur est bien sûr climatisé.   Des dizaines de machines à sous en ligne clignotent.   Beaucoup de joueurs.   Majoritairement des joueuses selon Luc.   Sans surprise, Thérèse opte plutôt pour une égalité des sexes.   Pas de tables pour les cartes.   Un bar sans buveurs.   Un comptoir vitré avec deux caissières.   Nous faisons nonchalamment  le tour.   Nous nous attardons derrière quelques joueuses.   Celles-ci agitent fébrilement leurs mains devant l’écran.   Comme si elles pouvaient ainsi influencer le mouvement vertical des colonnes d’images variées qui défilent.   Malheureusement, personne ne défonce la caisse pendant nos cinq minutes consacrées à jouer aux curieux.   Une fois  passé le temps nécessaire à justifier  notre stationnement "parasitaire", nous nous empressons de quitter ce lieu de perdition…